Dans le domaine économique, « les métropoles et les autres territoires sont interdépendants », a indiqué Philippe Estèbe, géographe. « Les premières créent des emplois hyper spécialisés sans assécher les territoires ruraux qui accueillent les fonctions support », a-t-il expliqué en indiquant que « la pertinence d’un territoire ne dépend pas de sa taille géographique mais avant tout de sa consistance, autrement dit du projet porté par les élus et la population ». Le géographe a estimé que communes et intercommunalités doivent bâtir « un système en réseau avec les autres acteurs du développement pour développer le tissu économique local plutôt que de chercher à attirer des richesses venues de l’extérieur ». A charge, selon lui, pour les régions de coordonner les actions des autres échelons.
Plusieurs intervenants se sont précisément interrogés sur la déclinaison territoriale des schémas régionaux de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII) adoptés par les régions fin 2016-début 2017. « S’il n’y a pas d’accompagnement des entreprises au niveau local, il ne se passera rien », a prévenu Gérard Eude, vice-président du CNER et vice-président de la communauté d'agglomération Paris-Vallée de la Marne, en charge du développement économique. « Nous privilégierons le pragmatisme et veillerons à ne pas fragmenter l’action économique, en signant des conventions avec les intercommunalités », a pour sa part assuré Dominique Roullet, vice-président du conseil régional Centre-Val-de-Loire. Pour Françoise Gatel, « les maires et présidents d’intercommunalité doivent s’inviter à la table des discussions avec la région pour ne pas subir sa politique économique mais au contraire décliner le SRDEII localement, en mutualisant leurs moyens et en désignant un interlocuteur pour les entreprises ». « Les EPCI et les communes doivent créer un écosystème de croissance locale », a abondé Alain Bertheas, président de la communauté d’agglomération Loire Forez.
L’intercommunalité en matière d’urbanisme et d’aménagement est de ce point de vue « un sérieux atout pour le développement des territoires ruraux, a souligné Pierre Jarlier, maire de Saint-Flour et président de Saint-Flour Communauté. Non seulement le PLUI n’est pas une perte de pouvoir pour les maires qui conservent la police du droit des sols, mais surtout c’est un outil pour un aménagement du territoire solidaire ». Pour Olivier Pavy, maire de Salbris, président de la communauté de communes de la Sologne-des-Rivières, « le PLUI permet de réaffecter des ZAE, d’anticiper sur les besoins en foncier des entreprises, de préparer l’accueil de nouvelles populations. Il permet aussi d’éviter une concurrence stérile entre les territoires ». En conclusion, André Laignel a rappelé que l’AMF a fait voter des amendements dans le cadre de la discussion du projet de loi égalité et citoyenneté « qui prévoient des dispositions transitoires dans l’adoption des documents d’urbanisme intercommunaux afin de ménager une transition concertée avec les maires ».
Télécharger le Manisfeste des maires de France et des présidents d’intercommunalité.

